Ces cavaliers de haut niveau qui placent le bien-être du cheval avant tout
Pendant longtemps, performance sportive et bien-être animal ont semblé s’opposer. Box individuel, ferrage systématique, méthodes strictes : le modèle classique de l’équitation de compétition a longtemps dicté sa loi. Mais depuis quelques années, une nouvelle génération de cavaliers, certains parmi les meilleurs au monde, prouve qu’il est possible de gagner autrement. Vie en troupeau, chevaux pieds nus, équitation sans mors : tour d’horizon de ces profils qui inspirent notre propre vision de l’écurie active.
Gireg Le Coz : l'écurie active au service du concours complet
Installé à Feneu, dans le Maine-et-Loire, depuis 2024, Gireg Le Coz est un cavalier international de concours complet qui a fait le choix radical de bâtir son écurie sur le modèle actif. Avec son conjoint Florian, il applique la théorie germanique des 3F : Friends, Freedom, Forage (congénères, Liberté, Fourrage).
Concrètement, ses chevaux vivent en troupeau et en totale liberté, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, un mode de vie qui répond à leurs besoins fondamentaux : interactions sociales permanentes, liberté de déplacement entre abris et prairies, accès au foin à volonté.
Cette philosophie ne s’arrête pas aux portes de l’écurie. Sur les terrains de concours, son cheval de tête évolue sans mors à l’obstacle, un choix rare à ce niveau de compétition internationale, adopté après avoir constaté l’inconfort de sa monture avec l’équipement traditionnel. Un ostéopathe équin l’accompagne également en compétition pour optimiser la récupération de ses chevaux.
À ceux qui pointent le risque de blessures en vie de troupeau, Gireg Le Coz répond simplement qu’un cheval peut tout autant se blesser au box qu’au pré.
Julien Épaillard montant Hoover, Paris Eiffel Jumping 2023. Photo : Tsaag Valren / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Julien Épaillard : le pied nu au sommet du CSO mondial
Impossible de parler d’équitation de haut niveau sans mentionner Julien Épaillard. Habitué des podiums en Coupe du monde et des Grands Prix 5 étoiles, il fait partie des cavaliers les plus titrés du saut d’obstacles international — et pourtant, tous ses chevaux sont pieds nus.
Sa démarche part d’une question simple : quelle est vraiment la fonction du pied du cheval ? Après réflexion et expérimentation avec son équipe, il a fait le choix de déferrer l’ensemble de ses chevaux, ce qui lui a permis, selon ses propres mots, de réduire nettement les soins vétérinaires pour certains d’entre eux.
Julien Épaillard reste toutefois lucide sur les limites de la démarche : cette approche demande du temps et un accompagnement rigoureux, elle ne s’improvise pas. Sa philosophie globale, fondée sur le respect du cheval, la simplicité et l’observation fine, vise un seul objectif : optimiser à la fois le bien-être, la longévité sportive et la performance de ses chevaux au plus haut niveau.
Michel Robert : une figure historique qui a osé le changement
Autre nom incontournable du CSO français, Michel Robert a lui aussi fait évoluer ses pratiques après des décennies de compétition. Accompagné d’un maréchal-ferrant reconverti au parage naturel, il a cessé de ferrer les chevaux de son écurie.
Il rappelle un chiffre qui a de quoi convaincre les plus sceptiques : lors des derniers Jeux olympiques de saut d’obstacles, deux des quatre meilleurs chevaux de l’épreuve étaient pieds nus. La preuve, s’il en fallait une, qu’il est tout à fait possible de gagner au plus haut niveau sans ferrure.
Michel Robert et Catapulte, Global Champions Tour de Cannes (2012). Photo : OndRond / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
Peder Fredricson : la référence internationale
Impossible également de passer à côté de Peder Fredricson. Médaillé olympique suédois et l’un des cavaliers de saut d’obstacles les plus titrés au monde, il fait figure de pionnier : il compte parmi les premiers cavaliers d’élite à avoir concouru avec des chevaux pieds nus, et a même co-mené une étude scientifique comparant chevaux ferrés et non ferrés avec des vétérinaires suédois.
Sa philosophie tient en une phrase : laisser les chevaux vivre le plus naturellement possible, en respectant leur besoin de mouvement et de compagnie. Il a d’ailleurs constaté lui-même l’évolution positive de ses chevaux une fois déferrés, après avoir peiné à stabiliser un cheval boiteux avec des fers. Pour lui, un cheval à l’aise et heureux dans son environnement est un cheval qui performe mieux.
Ce que ces parcours nous inspirent
Ces quatre cavaliers n’ont a priori rien en commun avec des propriétaires de loisir ou de club, et pourtant, leur message résonne directement avec notre conviction : le bien-être du cheval n’est pas un frein à la performance, c’est souvent sa condition.
C’est exactement la philosophie que nous portons à travers l’écurie active à la Barthe Grande : offrir à chaque cheval un mode de vie proche de ses besoins naturels, mouvement libre, vie en troupeau, accès permanent à l’alimentation, tout en restant compatible avec des objectifs sportifs, quel que soit le niveau visé.
Vous voulez comprendre plus en détail notre approche du bien-être équin au quotidien ? Découvrez notre page vers une équitation éthique pour aller plus loin.
Sources : témoignages et interviews de Gireg Le Coz (France 3 Pays de la Loire), Julien Épaillard et Michel Robert (Horse Academy, Cheval Pied Nu), Peder Fredricson (World of Showjumping, Horse & Hound).
